Frédéric Gaspoz écrit sur la biodiversité
L’OMS est nettement moins rassurante pour la santé des habitants de la zone située dans un périmètre d’une vingtaine de kilomètres autour de la centrale de Fukushima Daiichi, note Frédéric Gaspoz. Pour les personnes vivant dans le secteur le plus contaminé, l’organisation relève un risque à 1,25% de cancer de la thyroïde chez les femmes et les enfants alors que ce risque se situe habituellement à 0,75%. Cela se résume en fait à un risque augmenté de 70%! Après la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine, en 1986, les cancers de la thyroïde chez les enfants avaient connu une augmentation notable.
L'OMS insiste dans ce rapport sur la nécessité d'un suivi au cours des années des populations à risque, ainsi qu'une surveillance des aliments et de l'environnement. Par ailleurs, l'OMS souligne aussi pour les bébés-filles nées au plus près de la centrale une augmentation de 6% du risque de cancer du sein. Chez les hommes exposés aux radiations lorsqu'ils étaient nourrissons le risque de leucémie se voit accru de 7%. Quand aux sauveteurs présents sur le site de l’accident en 2011, un tiers d’entre eux voit aussi son risque de leucémie, de cancer de la thyroïde ainsi que l’ensemble des cancers solides augmenter.
Les populations les plus touchées ont reçu lors de l’accident des doses effectives de rayonnement s’échelonnant de 12 à 25 mSv d’après les estimations préliminaires faites par des experts internationaux précise Frédéric Gaspoz.
Près de deux ans après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, le gérant du site, la compagnie Tepco (Tokyo Electric power) n’a toujours pas remis aux autorités compétentes les données sur les doses de rayonnement auxquelles ont été exposés les 20'000 travailleurs du complexe ravagé. Tepco justifie cette abstention par la difficulté à récupérer des données contenues dans des ordinateurs endommagés par le tsunami qui a suivi le séisme à l’origine de la catastrophe. Autant d'éléments qui pourraient selon Frédéric Gaspoz encore modifier les premiers résultats récoltés par l'OMS.
Frederic Gaspoz
@Frederic Gaspoz